Les prix à la consommation ont augmenté au mois de février, en France, de 0,6% par rapport au mois précédent. Mais comme ils avaient baissé de 0,6% au mois de janvier par rapport au mois de décembre, l'inflation, en France, depuis le début de l'année a été nulle. Les commentaires qui ont accompagné ces chiffres ont surtout porté sur l'effet "soldes". Or ceux-ci ne concernent au maximum que 10% des biens et des services consommés. Cet effet, pour spectaculaire qu'il soit, masque l'essentiel : en moyenne, les prix n'ont pas augmenté en France depuis le début de l'année. Or ce résultat est tout à fait exceptionnel pour deux raisons.
D'abord, il intervient alors que les taux de TVA ont augmenté : 0,4% pour le taux normal (biens manufacturés et certains services) et 3% pour le taux intermédiaire (services de restauration notamment). Ces hausses n'ont donc été que très peu répercutées. L'Etat va ainsi percevoir des recettes supplémentaires sans que cela ait pesé sur le pouvoir d'achat des ménages. Cela lui donnera peut-être des idées quant à de nouvelles hausses pour l'avenir.
Ensuite et surtout, cette stabilité des prix n'est pas uniforme : elle est le résultat de la compensation entre la baisse des produits alimentaires (-0,2%), des produits pétroliers (-0,1% et -4% sur un an), des produits manufacturés (-1,7%), et des biens et services de santé, de transport et de télécommunications, et de la hausse des autres services et notamment des loyers, et des factures d'énergie, hors produits pétroliers.
Cette hétérogénéité dans l'évolution des prix montre, en premier lieu, que nous ne sommes pas dans un contexte "déflationniste". Sinon, tous les prix baisseraient, ce qui est loin d'être le cas. Mais surtout, la baisse, si l'on excepte les loyers et l'énergie hors produits pétroliers, concerne les dépenses obligatoires: alimentation, services de santé, télécommunications et transports. Elle est donc favorable au pouvoir d'achat des ménages à bas revenu. Et si l'on ajoute le caractère exceptionnellement doux de cet hiver, qui a entrainé une baisse importante des dépenses de chauffage donc des factures qui arriveront à partir du mois d'avril, on constate que les conditions sont réunies pour une augmentation significative du pouvoir d'achat : les prix de certaines dépenses contraintes ont baissé et la consommation obligatoire des autres, à l'exception des loyers, également. Le profil du second trimestre va alors dépendre du comportement des ménages: vont-ils dépenser les ressources qu'ils auront économisé au premier trimestre ou vont-ils épargner davantage ?