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AB 2000 studies

Alain Boublil Blog

 

Impôt sur les sociétés: -34%. Exportations :+0%

Il y a cette fois deux chiffres du jour au mois d’octobre : le commerce extérieur avec l’évolution de nos exportations, et la situation budgétaire, avec chaque catégorie de recettes et les dépenses correspondantes. Leur publication simultanée donne un éclairage révélateur sur les difficultés auxquelles est confrontée l’économie française et sur la pertinence des solutions qui ont été mises en oeuvre.  

Depuis deux ans, l’action conduite vise à rétablir la « compétitivité » des entreprises par des baisses d’impôts et de charges, pour leur permettre d’accroître leur activité en regagnant des parts de marché, et ainsi d’embaucher. C’est la relance par « l’offre ». Sa portée est réelle et on en trouve la trace dans les comptes publics : la baisse des rentrées de l’impôt sur les sociétés est, à fin octobre de 34%, soit 11 milliards d’euros. On s’étonne d’ailleurs que ce chiffre public et incontestable ne soit pas rappelé aux dirigeants patronaux qui prétendent « être assommés par les taxes ». La dernière loi de finances rectificative pour 2014, en cours d’examen au Parlement, prévoit qu’en année pleine, la baisse atteindra 12,2 milliards.

Ceci se situe dans un contexte de tension budgétaire maximale : l’Europe nous reproche de ne pas respecter nos engagements. Et une large partie de la baisse d’impôt consentie aux entreprises a dû être compensée par une hausse sur les ménages. A fin octobre, les recettes de l’impôt sur le revenu sont en hausse de 6,4% et de la TVA de 2,2%   soit respectivement +3,4 milliards, malgré les baisses sur les bas revenus intervenues au mois de septembre, et +2,5 milliards, soit au total près de 6 milliards.

La politique de l’offre en vigueur depuis plus d’un an commence-t-elle à produire les effets attendus ?  Malheureusement non. Les chiffres du commerce extérieur sont à cet égard sans ambigüités : la croissance des exportations est nulle, que l’on prenne le dernier mois ou, ce qui est plus significatif, les trois derniers mois pour éviter l’impact des grands contrats, comme des livraisons d’Airbus, qui peuvent momentanément fausser les chiffres.  Et la lente réduction de notre déficit provient exclusivement de la baisse de nos importations de produits fossiles, laquelle résulte d’une consommation plus faible consécutive à la douceur du climat et des premiers effets de la baisse des prix du pétrole.

Seconde révélation, cette apparente stabilité cache une amélioration de notre position au sein de la zone euro et une dégradation en dehors, ce qui apporte un démenti, qui reste pourtant à confirmer sur une plus longue période, à ceux qui prétendent que la dévaluation de l’euro améliore notre compétitivité.

Ces deux chiffres, la stagnation des exportations et la baisse des impôts payés par les entreprises résument bien l’impasse dans laquelle se trouve l’économie française et qui se traduira en 2014 par une quasi-stagnation pour la troisième année consécutive. Les avantages consentis aux entreprises pèsent lourdement sur la consommation et l’investissement des ménages, du fait de l’obligation de respecter les règles budgétaires européennes, sans que cela se traduise par une amélioration des performances de celles-ci, soit qu’elles exportent davantage, soit qu’elles reconquièrent une partie des positions perdues sur leur propre marché.