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Le blog d'Alain Boublil

 

L'environnement et les écologistes

L’évolution de l’environnement repose sur des données statistiques incontestables et sur des lois physiques qui ont été élaborées et vérifiées au fil des siècles. Les écologistes, eux, font de la politique. Ils cherchent à plaire à des électeurs ou à des intérêts économiques qui les soutiennent. Ils préfèrent les effets d’annonce, les propos inutilement alarmistes ou volontairement provocateurs pour attirer l’attention et se faire entendre, voire pour être invités à des émissions de télévision. Les gouvernements sont alors obligés, ou du moins le croient-ils, de tenir compte de leurs affirmations, même quand elles ne reposent sur rien, de reprendre certaines de leurs propositions et finalement de mener des politiques qui, parfois, aboutiront à l’inverse de ce qui était recherché. C’est ainsi que les écologistes, à plusieurs reprises, sont devenus de véritables ennemis pour l’environnement.

Un premier exemple est fourni avec la confusion soigneusement entretenue entre toutes les nuisances générées par l’activité humaine au niveau local et les émissions qui ont à l’origine du réchauffement climatique. Sous prétexte que le recours aux moteurs diesel en générait moins, l’Etat, au terme de discussions dans le cadre d’un « Grenelle de l’environnement » pour satisfaire les mouvements écologistes, accordait de nouveaux avantages fiscaux à ces types de véhicules. Dix ans plus tard, constatant les graves dommages pour la santé causés par les rejets de particules, l’Etat revenait en arrière, décidait de créer une taxe carbone, qu’il allait devoir abandonner à la suite du mouvement des « gilets jaunes ». Entretemps, on estime à 50 000 morts par an, les conséquences des émissions de NO2 et de particules causées par l’utilisation des moteurs diesel, soit bien plus que la mortalité observée par l’épidémie actuelle. La France a même été condamnée pour non respect des directives européennes sur la qualité de l’air.

La France a une part infime dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre comme dans le stock de ces gaz accumulés dans l’atmosphère à la différence des Etats-Unis, de la Chine, de l’Allemagne et bientôt de l’Inde. Le choix en faveur du diesel était donc non seulement absurde mais aussi profondément néfaste pour l’environnement. Les consommateurs qui avaient été incités à faire ce choix ont aujourd’hui toutes les raisons d’être mécontents des restrictions de circulation qui ont été décidées ou vont être annoncés concernant ces véhicules même si elles sont justifiées.

La stigmatisation du nucléaire relève de la même logique nocive pour l’environnement. Au départ, c’est le pacifisme, très puissant en Europe qui assimile l’usage militaire du nucléaire et son utilisation civile. Les essais nucléaires dans l’atmosphère suscitent l’indignation dans des pays comme l’Australie. Mais il ne faut pas être dupe. Le nucléaire constitue surtout une menace pour la production charbon à partir des années 70 quand on commence à craindre un épuisement des ressources pétrolières et alors que les technologies n’existent pas encore pour l’exploitation à grande échelle du gaz naturel. Pacifiste à l’origine, la dénonciation du nucléaire est récupérée par les écologistes dans certains pays européens comme l’Allemagne où l’on n’est pas insensible aux conséquences des fermetures de mines de charbon et de lignite, matériau qui pollue encore plus. La France devient un terrain d’action privilégié pour ces mouvements et il faudra la ténacité de plusieurs gouvernements pour résister à ces pressions et doter le pays d'un système de production d’électricité très peu émetteur de  gaz à effet de serre tout en assurant la sécurité énergétique du pays et un prix de l’électricité pour les familles comme pour les entreprises parmi les moins chers dans le monde.

Mais cette ténacité a lâché et Fessenheim, sous la pression des écologistes et sans aucune raison relative à la sûreté puisque l’autorité compétente avait renouvelé l’autorisation de fonctionner, a été fermée. La conséquence immédiate est un recours accru à des centrales thermiques et à des importations provenant des centrales à charbon allemandes, les arrêts pour maintenance ayant duré plus longtemps du fait de l’épidémie du corona virus. Une fois de plus, cette mesure a été nuisible à l’environnement. Cette situation n’est pas propre à la France. Au niveau européen, la Commission refuse toujours, du fait des pressions politiques exercées sur les gouvernements concernés, d’accorder des aides à l’industrie nucléaire et même aux centrales à gaz en cas de conversion de centrales anciennes à charbon, quatre à cinq fois plus émettrices de CO2.

Un scénario analogue est en train de se dérouler pour les voitures particulières. Alors que des progrès substantiels ont été accomplis pour réduire la consommation de carburant, des subventions considérables sont mises en place pour inciter les consommateurs à choisir un véhicule électrique. Ceux-ci sont réticents parce que les conditions d’utilisation, et notamment l’autonomie, ne correspondent pas à leurs besoins. Mais bien peu de ceux qui soutiennent la motorisation électrique se soucient des conditions de fabrication des batteries et d’extraction des métaux rares nécessaires à leur fonctionnement et de leur éventuel recyclage. Ces subventions auraient été bien mieux utilisées à l’isolation des logements car malgré les incitations passées et celles annoncées à grand renfort de publicité dans le plan de relance de 100 milliards, cette politique, à la fois favorable à l’environnement et créatrice d’emplois, n’a donné aucun résultat significatif du fait des multiples obstacles mis par l’administration ou insérés dans les dispositifs eux-mêmes. Le projet de conditionner l’octroi d’une aide aux propriétaires à une réduction de loyer constitue un bon exemple de ce qu'il ne faut pas faire si l’on veut accomplir des progrès dans la rénovation thermique.  

Le choix en faveur des voitures électriques avait des raisons politiques. On s’adressait au grand public pour répondre aux écologistes. Mais la cible n’est pas la bonne. Les véhicules professionnels et les autobus ou le transport routier qui non seulement émettent du CO2 mais aussi des particules car ils sont conçus pour rouler au diesel, auraient été un objectif bien plus approprié. Pour eux, la question de l’autonomie ne se pose pas. Ils disposent d’aires de stationnement dédiés qu’il est facile d’équiper de bornes de recharge. Pour les longs trajets, les chauffeurs sont astreints à des poses, qu’il est possible d’utiliser pour procéder aux recharges nécessaires. Enfin, il est paradoxal de condamner le transport aérien pour les déplacements qui pourraient être effectués en train quand, en même temps on a libéralisé et encouragé le transport par autocars sur les mêmes distances, ce qui a contribué en plus à peser sur les résultats de la SNCF.                  

La stigmatisation de l’usage de la voiture en ville, a eu aussi de graves conséquences sur la sécurité. On s’est félicité de la diminution de la mortalité routière au mois de juillet en partie  due au ralentissement de l’activité économique et à la baisse des déplacements liée à l’épidémie. Mais ce qu’on a omis de signaler, c’est que 40% des morts, soit 113 sur 291, étaient des utilisateurs de bicyclettes, de scooters ou de motos dissuadés par les autorités locales d’employer les transports en commun pour des raisons sanitaires ou leur voiture pour satisfaire les écologistes. Ce chiffre est sans précédent.

Quand on fait appel à des concepts ou des arguments invérifiables ou faux mais qui ont l’apparence de la vérité, on créée des mythes politiques qui peuvent avoir de lourdes conséquences, sur la santé, sur les appareils de production et sur l’emploi, et même sur la vie humaine. Le message des écologistes en est rempli. Si Roland Barthes était encore parmi nous, il aurait pu ajouter plusieurs chapitres à ses célèbres Mythologies.   

Commentaires

  1. Hugo 24 sep. 2020 20:13:35 #

    ...Quand on pense que titulaire du prix Nobel de physique qui ouvre la voie au traitement des déchets nucléaires par laser est français... on ne sait si il faut garder espoir ou n'en plus avoir aucun.

    Quant à lutter contre le nucléaire civil par rejet du nucléaire militaire, cela me laisse pantois : le nucléaire militaire est peut-être bien la meilleure chose qui soit arrivée à la France au XXe siècle.

    Verts à l'extérieur, rouges à l'intérieur...
    Le bilan carbone de leurs salades est strictement négatif !

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