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Alain Boublil Blog

 

4,6 milliards : le déficit commercial de la France en octobre

De tous les chiffres publiés depuis la rentrée, aucun ne reflète mieux l’impasse dans lequel l’économie française se retrouve à la suite de la stratégie adoptée par le gouvernement. Le déficit commercial a bondi au mois d’octobre à 4,6 milliards d’euros, du fait de la baisse des exportations, qui retombe à leur niveau d’il y a un an, après une diminution continue depuis six mois, et de la hausse record des importations qui dépassent désormais les montants atteints au troisième trimestre 2014, avant la chute des cours du brut.

Tout l’avantage, en termes de commerce extérieur, de la baisse du prix du  pétrole a été perdu, la hausse des importations des produits agricoles et manufacturés compensant la baisse de la facture énergétique. La stratégie économique du gouvernement reposait sur un raisonnement qui se révèle aujourd’hui invalidé. En améliorant la compétitivité des entreprises à travers des réductions d’impôts (-21% de recettes d’impôt sur les sociétés observée à fin octobre) et des baisses de charges, on espérait redonner à celles-ci les ressources pour innover, investir voire recruter afin de reconquérir des parts de marché. Cette stratégie s’inscrivait, en outre, dans un contexte de baisse des taux d’intérêt de nature à réduire significativement les charges financières des entreprises favorisant l’investissement. Avec en outre la baisse de l’euro, pensaient ceux qui l’avait souhaité et qui s’en félicitent encore aujourd’hui, le rétablissement de nos échanges extérieurs, générateur de créations d’emplois, était à portée de la main…

Rien de tout cela ne s’est produit, au contraire. Les derniers chiffres de l’emploi, même si on les lisse sur plusieurs mois pour éviter les « bugs » statistiques, montrent qu’aucune amélioration n’est intervenue. Et les données du commerce extérieur, c’est un comble, révèlent que l’amélioration du solde énergétique, dû à la chute des prix, a été plus que compensé par la dégradation de quasiment tous les autres postes, avec l’exception notable de l’aéronautique. Les bénéfices attendus de la baisse de l’euro ne sont pas au rendez vous et ceux qui les escomptaient se sont trompés. En réalité, on ne construit pas une économie forte avec une monnaie faible. Et les exemples du Japon par le passé, de l’Allemagne et même de l’Italie, exemple rarement mis en avant et pourtant ô combien révélateur, sont là pour nous le prouver. La dévaluation est une solution de facilité qui permet de gonfler les résultats et les profits réalisés à l’étranger et qui dispense des efforts nécessaires à l’intérieur pour remédier à des faiblesses structurelles.

Ces faiblesses sont de deux ordres. Elles viennent d’abord de la stratégie d’acquisitions à l’étranger et de délocalisation des entreprises françaises depuis une vingtaine d’année. Cette stratégie contraste avec le comportement exactement symétrique de leurs concurrentes allemandes et italiennes. L’automobile en est un cruel exemple avec Renault qui, sans que cela n’émeuve en rien son premier actionnaire, l’Etat, produit à l’étranger les trois quarts des véhicules vendus en France. C’était 25% il y a vingt ans. Quant à l’accord avec Nissan, il a écarté Renault des trois premiers marchés mondiaux, le Japon bien sûr, les Etats-Unis et la Chine, pendant que le « partenaire » investissait en Angleterre et attaquait le marché français, avec le soutien du réseau commercial de…Renault.

Mais les consommateurs ont aussi leur part de responsabilité. Ils n’ont pas compris comment fonctionnait la mondialisation. Elle leur apporte la possibilité de choisir entre une vaste gamme de produits et leur garantit un bon rapport qualité prix. Mais ils ne doivent pas se tromper. Dans le prix qu’ils payent, une part très variable va à des prélèvements ou à des emplois dont ils seront, indirectement, les bénéficiaires. Et cela doit influer dans leurs choix, ce qu’ils ont insuffisamment compris, à la différence, par exemple, de leurs voisins allemands ou italiens. Un  infléchissement léger, compte tenu des sommes en jeu, de leurs habitudes pourrait avoir des répercussions significatives sur la croissance et l’emploi.

Le mauvais résultat d’octobre va peser sur la croissance du 4ème trimestre. La contribution du commerce extérieur, comme durant l'été, a toutes chances d’être négative. Et si l’on ajoute qu’à la différence du 3ème trimestre où elle avait contribué pour 0,7% à la croissance, la contribution des stocks sera elle aussi négative, toutes les conditions sont réunies pour que l’année se termine sur une progression médiocre sinon nulle du PIB.     

 

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