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Alain Boublil Blog

 

4,3%: le taux du déficit public en 2013

La France a connu en 2013 un déficit public de 4,3% du PIB, supérieur aux 4,1% préalablement annoncés à Bruxelles. Ce chiffre a été publié le 31 mars, il y a deux jours. Ce n'est donc pas, au sens strict le "chiffre du jour". C'est pourtant le chiffre le plus important pour le gouvernement qui a été nommé ce jour et il figure en bonne place sur l'agenda du nouveau ministre des finances et des comptes publics, voire du redressement des comptes publics, Michel Sapin. 

Notifié à Bruxelles, ce chiffre va devoir faire l'objet de justifications auprès de nos partenaires européens, car il met, apparemment, la France en difficulté. Nous dépassons largement le taux de 3%, figurant dans les accords que nous avons signés et nous avions obtenu un délai de grâce de deux ans pour rentrer dans le rang, sous réserve que nous respections la trajectoire annoncée. La publication du chiffre de 4,3% montre que ce n'est pas le cas. La première tâche du gouvernement de Manuel Vals va donc être d'expliquer à la Commission pourquoi nous n'avons pas respecté nos engagements et quels sont les mesures correctrices que nous allons mettre en oeuvre pour rentrer dans le rang.

La mission de Michel Sapin est pourtant moins impossible qu'il n'y parait. Il y a d'abord une bonne nouvelle à venir. Du fait de l'adoption par la France des conventions statistiques européennes, le PIB va être réévalué d'environ 50 milliards d'euros. La nouvelle base 2010 de la Comptabilité Nationale, qui sera publiée le 15 mai par l'INSEE, va mécaniquement ramener le déficit 2013 à 4,2% environ et faire baisser le taux d'endettement rapporté au PIB. Mais cela ne suffira pas.

Deux éléments vont contribuer en 2014 a l'effort de réduction. Il y a d'abord la poursuite de taux d'intérêt très bas. La coût de la charge de la dette a été estimée à partir d'une prévision de taux d'environ 3% pour l'échéance de référence (10 ans). Depuiis le début de l'année nous sommes très en dessous et les inquiètudes manifestées à demi-mot de la BCE sur le risque de déflation vont faire baisser les coûts de financement des économies européennes. La France en bénéficiera.Second facteur, le dynamisme des recettes de TVA. Le début de l'année a confirmé la tendance observée au quatrième trimestre avec des rentrées en hausse de près de 3%. Rien ne permet de prévoir une inversion de tendance.

A l'inverse, l'évolution des comptes publics des deux prochaines années n'est pas exempte de risques. Et c'est là que devrait porter l'effort d'économies. Le premier concerne les collectivités locales qui ont été en 2013 les responsables du dérapage: leur déficit est passé de 3,7 à 9,2 milliards, soit 0,45% du PIB. Seule une simplification du "mille-feuille" territorial peut y contribuer de façon efficace. On n'en prend pas le chemin avec la multiplication des nouvelles structures intercommunales. Le second risque porte sur les dépenses de fonctionnement de l'Etat, des administrations centrales comme des multiples organismes créés depuis dix ans et périodiquement dénoncés par la Cour des Comptes. Seul un engagement  ferme du nouveau gouvernement pour mettre un terme à ces excès peut produire les résultats escomptés. Alors, et alors seulement, la France aura gagné le pari de la crédibilité financière.

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