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Alain Boublil Blog

 

-15,2%: le nombre de logements autorisés depuis un an

Plus que la baisse des mises en chantiers (-2,4% en un an et -9,2% sur les trois derniers mois), c'est la chute qui s'amplifie du nombre de logements pour lesquels a été délivré un permis de construire qui est préoccupante. Elle sonne le glas des espoirs mis dans une reprise de la construction et dans la réalisation de l'objectif de 500 000 logements construits chaque année fixé par le Président de la République. Et compte tenu des fortes disparités régionales, cette tendance n'augure rien de bon pour la résorbtion des difficultés que rencontrent chaque année de plus en plus de Français à se loger. 

Le chiffre pour la France entière recouvre de surprenantes disparités régionales: envolée de la construction en Aquitaine et dans une moindre mesure en Poitou-Charente (+39% et +9% respectivement), due peut-être à une anticipation de l'arrivée du TGV, stagnation en Ile-de-France là où les tensions sont les plus fortes et chute dans les grandes régions industrielles, Midi-Pyrénées (-20%), Nord-Pas-de-Calais (-14%) et Rhône-Alpes (-6%).

La politique du logement, en ce qu'elle vise à encourager l'accession à la propriété par des aides fiscales, et à améliorer la situation du marché dans les grandes zones urbaines a donc jusqu'à présent échoué. Le secteur, qui avait connu une réelle reprise depuis 2010 et jusqu'à l'automne 2011, ne cesse depuis de régresser et aucune inversion de la courbe des mises en chantier n'est en vue puisque la délivrance de permis de construire est en chute libre (-30% sur les trois derniers mois pour les maisons individuelles). Cette situation est d'autant plus paradoxale que le taux d'épargne des Français reste très élevé et que les taux d'intérêt à long terme sont à leur plus bas historique. Mais elle trouve son explication dans l'inquiétude face à l'avenir et dans la crainte du chômage. Ce n'est qu'à partir du moment où l'inversion de tendance sur le marché du travail se sera ancrée dans les esprits que les comportements changeront. D'ici là, seule une politique de l'offre de logements locatifs peut contribuer à atténuer, sinon à faire disparaître, les difficultés qui sont durement ressentis par tous ceux qui cherchent à se loger. Deux pistes nouvelles, si elles étaient étudiées sérieusement, seraient susceptibles de corriger la tendance actuelle.

La première relève de l'Etat: trouver les bonnes incitations fiscales, comptables ou prudentielles, pour que les investisseurs institutionnels reviennent sur ce marché. Plutôt que d'être obsédés par la protection des droits des propriétaires bailleurs, comme on vient de le voir durant les longs mois qu'a duré l'élaboration de la loi ALUR, il vaudrait mieux trouver les leviers qui permettront aux grands collecteurs d'épargne que sont l'assurance-vie ou les gestionnaires des réserves techniques des assureurs, de redéployer leurs fonds vers la construction et la gestion d'un patrimoine locatif.

La seconde relève des collectivités locales. Ce sont elles qui décident de l'affectation des locaux (commercialité). Il suffirait qu'elles cessent d'autoriser la conversion de locaux d'habitation en surfaces commerciales ou en bureaux et qu'elles trouvent les bonnes incitations, réglementaires ou fiscales, pour que, lorsque ces locaux sont vacants, ils retournent à leur destination originelle. Des millions de m2, c'est-à-dire des dizaines de milliers de logements, pourraient alors revenir sur le marché et, après des travaux de mise aux normes, contribuer à à offrir aux nombreux Français qui cherchent chaque année à se loger, une solution conforme à leurs revenus et adaptée à leurs contraintes de localisation. 

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